Dans cet article
- Le crédit d’impôt jardinage est partiellement supprimé depuis le 1er janvier 2026 dans le cadre du rabot des niches fiscales
- Le plafond de dépenses éligibles passe de 5 000 € à 3 000 € par an pour les petits travaux de jardinage
- Seuls les contribuables actifs ou retraités imposables conservent un avantage fiscal résiduel sous conditions
- La taille des arbres et haies reste déductible uniquement si elle est réalisée par un organisme agréé services à la personne
- Des alternatives fiscales existent : CESU préfinancé, emploi direct via l’URSSAF et dispositifs locaux d’aide
- Je vous recommande de vérifier votre déclaration 2025 pour récupérer le crédit d’impôt au taux plein avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles
Sommaire
- Pourquoi le crédit d’impôt jardinage est-il supprimé en 2026 ?
- Ce qui change concrètement pour les particuliers
- Qui conserve le droit au crédit d’impôt pour travaux de jardinage ?
- Quels travaux restent éligibles et la taille des arbres est-elle toujours déductible ?
- Quelles sont les autres niches fiscales supprimées en 2026 ?
- Les alternatives fiscales pour continuer à réduire la facture
- Comment adapter votre déclaration de revenus en 2026 ?
- Mes conseils d’avocate fiscaliste pour anticiper
La suppression partielle du crédit d’impôt jardinage figure parmi les mesures les plus commentées de la loi de finances pour 2026. Des millions de foyers français, notamment des retraités, utilisaient cet avantage fiscal pour faire entretenir leur jardin à moindre coût. En tant qu’avocate fiscaliste, je reçois depuis plusieurs mois des clients inquiets qui me demandent ce qu’il reste de ce dispositif et comment s’adapter. Dans cet article, je fais le point sur les règles applicables, les travaux encore éligibles et les solutions de remplacement à envisager dès maintenant.
Pourquoi le crédit d’impôt jardinage est-il supprimé en 2026 ?
Le crédit d’impôt pour les petits travaux de jardinage à domicile existait dans le cadre plus large du crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, prévu à l’article 199 sexdecies du Code général des impôts. Ce dispositif permettait aux particuliers de déduire 50 % des dépenses engagées pour des services à la personne, y compris les travaux de jardinage, dans la limite de 5 000 € de dépenses par an (soit un avantage maximal de 2 500 €).
Dans le cadre du plan de redressement des finances publiques engagé par le gouvernement, plusieurs niches fiscales jugées coûteuses ont été ciblées. Le crédit d’impôt jardinage représentait à lui seul un coût estimé à 1,2 milliard d’euros par an pour l’État, selon les données du portail des impôts. La Cour des comptes avait par ailleurs souligné dans son rapport de 2024 que ce dispositif bénéficiait principalement aux ménages les plus aisés.

Le législateur a donc choisi de ne pas supprimer intégralement le crédit d’impôt, mais de le raboter significativement en abaissant le plafond de dépenses éligibles et en restreignant le périmètre des travaux concernés. Cette mesure s’inscrit dans une tendance plus large de réduction des dispositifs de défiscalisation que j’observe depuis plusieurs années dans ma pratique.
Ce qui change concrètement pour les particuliers
Voici les principales modifications introduites par la loi de finances pour 2026 concernant le crédit d’impôt jardinage :
| Critère | Avant 2026 | À partir de 2026 |
|---|---|---|
| Plafond de dépenses éligibles | 5 000 € / an | 3 000 € / an |
| Taux du crédit d’impôt | 50 % | 50 % (inchangé) |
| Avantage fiscal maximal | 2 500 € | 1 500 € |
| Travaux de débroussaillage | Éligible | Exclu |
| Évacuation de déchets verts | Éligible | Exclu si prestation isolée |
| Taille d’arbres (moins de 3,5 m) | Éligible | Éligible sous conditions |
| Tonte de pelouse | Éligible | Éligible |
| Condition d’organisme agréé | Obligatoire | Obligatoire (renforcée) |
La perte financière est donc réelle pour les contribuables. Un foyer qui dépensait 5 000 € par an en travaux de jardinage bénéficiait de 2 500 € de crédit d’impôt. Désormais, le même foyer ne pourra déclarer que 3 000 € de dépenses, soit un crédit d’impôt de 1 500 €. La différence annuelle s’élève à 1 000 €, ce qui n’est pas négligeable, en particulier pour les retraités à revenus modestes qui faisaient appel à un jardinier de manière régulière.
J’attire également votre attention sur le fait que certaines prestations autrefois couvertes, comme le débroussaillage ou l’évacuation isolée de déchets verts, sortent du périmètre des services à la personne éligibles. Cette restriction touche particulièrement les propriétaires en zone rurale ou péri-urbaine soumis à des obligations légales de débroussaillement.
Qui conserve le droit au crédit d’impôt pour travaux de jardinage ?
Malgré le rabotage, le crédit d’impôt jardinage n’est pas totalement supprimé. Voici les conditions pour en bénéficier en 2026 :
- Être domicilié fiscalement en France au sens de l’article 4 B du CGI
- Employer un salarié à domicile ou recourir à un organisme agréé de services à la personne
- Réaliser les travaux dans sa résidence principale ou secondaire
- Respecter le plafond annuel de 3 000 € de dépenses pour les travaux de jardinage
- Conserver les factures et attestations fiscales délivrées par le prestataire
Une précision importante concerne les retraités non imposables. Contrairement à une idée reçue, le crédit d’impôt (et non la simple réduction d’impôt) bénéficie aussi aux personnes qui ne paient pas d’impôt sur le revenu. En effet, si le montant du crédit excède l’impôt dû, la différence est restituée par le Trésor public. Ce mécanisme reste valable en 2026, ce qui est une bonne nouvelle pour les retraités modestes. Je vous invite d’ailleurs à consulter mon article sur le prélèvement à la source pour comprendre comment ce crédit s’articule avec les acomptes versés.

Attention toutefois : pour les personnes hébergées en établissement, comme un EHPAD, les règles sont différentes. Le crédit d’impôt pour les dépenses liées à la dépendance relève d’un autre dispositif, que je détaille dans mon article consacré au crédit d’impôt EHPAD.
Quels travaux restent éligibles et la taille des arbres est-elle toujours déductible ?
C’est l’une des questions que l’on me pose le plus souvent : la taille des arbres est-elle encore déductible des impôts ? La réponse est oui, mais sous conditions strictes.
Les petits travaux de jardinage qui restent éligibles au crédit d’impôt en 2026 comprennent :
- La tonte de pelouse et le ramassage de feuilles
- La taille de haies et d’arbustes
- La taille d’arbres dont la hauteur n’excède pas 3,5 mètres (au-delà, il s’agit d’élagage, qui relève d’une prestation différente)
- Le désherbage manuel ou mécanique
- La mise en place et l’entretien de massifs
- Le déneigement des accès au domicile
En revanche, les prestations suivantes ne sont plus éligibles depuis 2026 :
- Le débroussaillage sur de grandes surfaces
- L’évacuation de déchets verts réalisée de manière isolée (sans prestation d’entretien associée)
- Les travaux de création paysagère (aménagement de terrasse, pose de clôture, installation d’arrosage automatique)
- L’élagage d’arbres de grande hauteur nécessitant du matériel spécialisé
Je souligne que la distinction entre taille et élagage est cruciale. L’administration fiscale considère que la taille d’entretien courant d’un arbre de moins de 3,5 mètres relève des services à la personne, tandis que l’élagage constitue un travail relevant de l’artisanat du paysage, soumis à des règles différentes. En cas de doute, je vous recommande de demander à votre prestataire de détailler précisément la nature des travaux sur la facture, conformément aux exigences de l’article 199 sexdecies du Code général des impôts.
Quelles sont les autres niches fiscales supprimées en 2026 ?
Le crédit d’impôt jardinage n’est pas le seul dispositif fiscal touché par la loi de finances pour 2026. Voici un panorama des principales niches fiscales modifiées ou supprimées :
| Dispositif fiscal | Situation en 2026 | Impact estimé |
|---|---|---|
| Crédit d’impôt jardinage | Plafond réduit à 3 000 € | Perte de 1 000 € / an maximum |
| Crédit d’impôt emploi à domicile (hors jardinage) | Maintenu au plafond de 12 000 € | Inchangé |
| Réduction Pinel | Totalement supprimée | Fin du dispositif au 31/12/2024 |
| Crédit d’impôt transition énergétique (CITE) | Remplacé par MaPrimeRénov’ | Plus de crédit d’impôt direct |
| Crédit d’impôt borne de recharge | Maintenu sous conditions | Plafond de 300 € par borne |
| Abattement fiscal des personnes âgées en EHPAD | Révisé à la baisse | Variable selon les revenus |
La tendance est claire : le gouvernement procède à un rabot généralisé des avantages fiscaux afin de réduire le déficit public. J’ai déjà analysé certains de ces dispositifs dans des articles dédiés, notamment le crédit d’impôt pour les bornes de recharge et le crédit d’impôt lié au CESU. Je vous invite à les consulter pour vérifier si vos propres avantages fiscaux sont concernés.
Il est également pertinent de noter que le plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 € par an (article 200-0 A du CGI), reste inchangé. Mais avec la réduction individuelle de chaque niche, ce plafond global devient de plus en plus théorique pour la majorité des contribuables.
Les alternatives fiscales pour continuer à réduire la facture
Face à la réduction du crédit d’impôt jardinage, plusieurs solutions méritent d’être explorées. En tant que fiscaliste, je recommande systématiquement à mes clients d’adopter une approche globale de leur situation fiscale plutôt que de se focaliser sur un seul dispositif.

Le CESU préfinancé : un complément intéressant
Le Chèque Emploi Service Universel préfinancé constitue un excellent complément. Financé en partie par l’employeur, le comité social et économique (CSE) ou certaines collectivités, il permet de régler des prestations de services à la personne, y compris le jardinage. L’avantage est double : la part financée par l’employeur n’est pas imposable (dans la limite de 2 421 € par an en 2026), et la part restante à votre charge ouvre droit au crédit d’impôt classique. J’ai détaillé ce mécanisme dans mon guide sur le crédit d’impôt CESU.
L’emploi direct via l’URSSAF
Employer directement un jardinier via le dispositif CESU déclaratif de l’URSSAF peut s’avérer plus avantageux que de passer par un organisme prestataire. Les cotisations patronales sont partiellement exonérées pour certains publics (personnes de plus de 70 ans, personnes en situation de handicap), et la totalité de la rémunération nette versée reste éligible au crédit d’impôt dans la limite du nouveau plafond.
Les aides locales et départementales
Certaines collectivités territoriales proposent des aides complémentaires pour l’entretien des espaces verts, notamment dans le cadre de la prévention des risques d’incendie. Je conseille à mes clients de se renseigner auprès de leur mairie ou de leur conseil départemental. Ces aides sont cumulables avec le crédit d’impôt, ce qui permet de compenser en partie la baisse du plafond.
Optimiser le plafond global des niches fiscales
Si vous bénéficiez d’autres crédits ou réductions d’impôt (investissement locatif, crédit d’impôt bio, dons aux associations), il peut être judicieux de réorganiser vos dépenses pour maximiser l’utilisation du plafond de 10 000 €. Un audit fiscal personnalisé, réalisé par un avocat en droit fiscal, permet souvent d’identifier des marges d’optimisation insoupçonnées.
Comment adapter votre déclaration de revenus en 2026 ?
Pour la déclaration de revenus 2026 portant sur les revenus de 2025, vous pouvez encore bénéficier du crédit d’impôt à l’ancien plafond de 5 000 €. C’est un point crucial que beaucoup de contribuables ignorent : les dépenses de jardinage engagées en 2025 restent soumises aux anciennes règles.
Voici les étapes à suivre pour sécuriser votre déclaration :
- Rassemblez toutes les attestations fiscales délivrées par vos prestataires de services à la personne pour l’année 2025
- Vérifiez que chaque attestation mentionne le numéro d’agrément de l’organisme et le détail des prestations
- Reportez le montant total dans la case 7DB (crédit d’impôt) ou 7DF (réduction d’impôt) de votre déclaration 2042
- Si vous avez bénéficié de l’avance immédiate de crédit d’impôt via l’URSSAF, vérifiez que les montants pré-remplis correspondent à vos relevés
- Conservez les justificatifs pendant trois ans (durée du délai de reprise de l’administration fiscale)
Pour les dépenses engagées à compter du 1er janvier 2026, le nouveau plafond de 3 000 € s’appliquera lors de la déclaration effectuée en 2027. Je vous recommande donc de planifier vos dépenses de jardinage en conséquence : si vous avez des travaux importants à réaliser, il peut être pertinent de les concentrer sur la fin de l’année 2025 pour profiter du plafond actuel. Pour la bonne compréhension de votre déclaration, n’hésitez pas à consulter mon article sur la décote sur l’impôt sur le revenu.
Mes conseils d’avocate fiscaliste pour anticiper
Après avoir accompagné de nombreux clients sur ces questions, voici les recommandations concrètes que je formule systématiquement :
Anticipez la baisse en ajustant vos contrats. Si vous avez un contrat annuel avec un prestataire de jardinage, renégociez-le pour rester dans la limite du nouveau plafond de 3 000 €. Au-delà, les dépenses ne généreront aucun avantage fiscal.
Vérifiez l’agrément de votre prestataire. Avec le durcissement des contrôles, l’administration fiscale rejette de plus en plus les demandes de crédit d’impôt lorsque le prestataire ne dispose pas d’un agrément valide. Demandez systématiquement une copie de l’agrément préfectoral ou de la déclaration auprès de la DREETS.
Combinez les dispositifs. Le CESU préfinancé, l’avance immédiate URSSAF et le crédit d’impôt résiduel peuvent être utilisés conjointement. Un foyer qui optimise ces trois leviers peut réduire significativement le coût réel de l’entretien de son jardin.
Surveillez les évolutions législatives pour 2027. Le débat parlementaire autour du budget 2027 pourrait apporter de nouvelles modifications. Certains parlementaires militent pour un rétablissement du plafond à 5 000 €, tandis que d’autres souhaitent une suppression totale. Je recommande de rester informé en consultant régulièrement le site Service-Public.fr ou en prenant conseil auprès d’un professionnel du droit fiscal.
Pensez à la déduction au titre des revenus fonciers. Si vous êtes propriétaire bailleur et que vous faites entretenir les espaces verts d’un bien locatif, ces dépenses ne relèvent pas du crédit d’impôt services à la personne mais peuvent être déductibles de vos revenus fonciers. J’ai détaillé cette possibilité dans mon article sur les travaux déductibles des revenus fonciers.
À retenir
- Vérifiez que votre prestataire dispose d’un agrément services à la personne valide avant chaque intervention
- Limitez vos dépenses de jardinage déclarées à 3 000 € par an à compter de 2026 pour maximiser le rendement fiscal
- Combinez CESU préfinancé et crédit d’impôt pour compenser la baisse du plafond
- Concentrez vos gros travaux de jardinage avant le 31 décembre 2025 pour profiter de l’ancien plafond de 5 000 €
- Faites réaliser un audit fiscal global pour identifier d’autres leviers d’optimisation adaptés à votre situation
Questions fréquentes
Comment bénéficier de la déduction fiscale pour des travaux de jardinage ?
Pour bénéficier du crédit d’impôt jardinage en 2026, vous devez faire appel à un salarié employé directement ou à un organisme agréé services à la personne. Les travaux doivent être réalisés à votre domicile (résidence principale ou secondaire). Vous devez déclarer les dépenses dans la case 7DB de votre déclaration de revenus 2042, dans la limite de 3 000 € par an. Conservez impérativement les attestations fiscales fournies par le prestataire.
En 2026, plusieurs niches fiscales ont été supprimées ou rabotées. Le crédit d’impôt jardinage voit son plafond réduit de 5 000 € à 3 000 €. Le dispositif Pinel est définitivement supprimé depuis fin 2024. Le CITE (crédit d’impôt transition énergétique) a été remplacé par MaPrimeRénov’. D’autres dispositifs comme le crédit d’impôt pour les frais de garde d’enfants ou les réductions pour investissement outre-mer sont également revus à la baisse.Quels sont les crédits d’impôts supprimés en 2026 ?
Outre le rabotage du crédit d’impôt jardinage, la loi de finances pour 2026 prévoit la réduction ou la suppression de plusieurs niches fiscales. Les réductions d’impôt pour investissement locatif (hors dispositifs en cours), certaines exonérations liées aux zones franches urbaines et plusieurs crédits d’impôt sectoriels sont concernés. Le gouvernement vise une économie globale de plusieurs milliards d’euros sur l’ensemble des dépenses fiscales.Quelles sont les niches fiscales qui vont être supprimées en 2026 ?
Oui, la taille des arbres reste déductible en 2026, mais uniquement pour les arbres d’une hauteur inférieure à 3,5 mètres. Au-delà, il s’agit d’élagage, qui ne relève pas des services à la personne et n’ouvre pas droit au crédit d’impôt. La prestation doit être réalisée par un organisme agréé ou un salarié déclaré, et la facture doit clairement distinguer la taille d’entretien des autres travaux.Est-ce que la taille des arbres est déductible des impôts ?
Les conditions sont les suivantes : être domicilié fiscalement en France, faire réaliser les travaux à votre domicile par un organisme agréé ou un salarié déclaré, respecter le plafond de 3 000 € de dépenses annuelles pour le jardinage, et conserver les justificatifs pendant au moins trois ans. Les travaux doivent correspondre à des petits travaux d’entretien courant (tonte, taille, désherbage) et non à des travaux de création ou d’aménagement paysager.Quelles sont les conditions pour bénéficier du service à la personne jardinage ?
Oui, c’est un point essentiel. Le crédit d’impôt (contrairement à la réduction d’impôt) est restituable : si son montant dépasse l’impôt dû, le Trésor public vous rembourse la différence. Ainsi, un retraité non imposable qui dépense 3 000 € en travaux de jardinage éligibles recevra un virement de 1 500 € de la part de l’administration fiscale, même s’il ne paie aucun impôt sur le revenu.Le crédit d’impôt jardinage est-il accessible aux retraités non imposables ?
Catherine Leroy est avocate fiscaliste au barreau de Paris, spécialisée en droit fiscal des entreprises et droit des sociétés. Après 20 ans de pratique, elle conseille dirigeants et entrepreneurs sur l'optimisation fiscale, la création et la transmission d'entreprise.