Dans cet article
- La loi Jeanbrun remplace le dispositif Pinel depuis 2025 avec une réduction d’impôt pouvant atteindre 14 % du prix d’acquisition
- Le dispositif Loc’Avantages offre jusqu’à 65 % de réduction fiscale sur les revenus locatifs en contrepartie de loyers modérés
- La loi Malraux permet de déduire jusqu’à 30 % des travaux de restauration dans les secteurs sauvegardés
- Le Denormandie cible l’ancien avec rénovation et propose une réduction d’impôt de 12 à 21 % selon la durée d’engagement
- La loi Girardin en Outre-mer reste le dispositif le plus puissant avec une réduction pouvant dépasser 100 % de l’investissement
- Chaque loi de défiscalisation immobilier répond à un profil d’investisseur précis : je vous aide à identifier la bonne stratégie
Sommaire
- Comprendre la défiscalisation immobilière : principes et cadre juridique
- La loi Jeanbrun : le nouveau dispositif phare en 2026
- Le dispositif Loc’Avantages : louer solidaire pour défiscaliser
- La loi Malraux : restaurer le patrimoine et réduire ses impôts
- Le dispositif Denormandie : défiscaliser dans l’ancien
- La loi Girardin : investir en Outre-mer pour une réduction maximale
- Tableau comparatif des 5 lois de défiscalisation immobilière
- Comment choisir la bonne loi de défiscalisation en 2026
En tant qu’avocate fiscaliste, j’accompagne chaque année des investisseurs qui souhaitent réduire leur impôt sur le revenu grâce à l’immobilier. Le sujet revient systématiquement lors de mes consultations : quelle loi immobilier défiscalisation choisir en 2026 ? La question mérite une réponse structurée, car les dispositifs se sont multipliés et leurs conditions d’éligibilité évoluent régulièrement. Je vous propose un tour d’horizon complet des cinq lois les plus pertinentes cette année, avec leurs avantages réels et leurs limites.
Comprendre la défiscalisation immobilière : principes et cadre juridique
La défiscalisation immobilière repose sur un mécanisme simple : l’État accorde un avantage fiscal aux contribuables qui investissent dans l’immobilier locatif, en contrepartie d’engagements précis (durée de location, plafonds de loyer, zones géographiques). Ces dispositifs poursuivent des objectifs d’intérêt général : construction de logements neufs, rénovation du parc ancien, préservation du patrimoine architectural ou développement économique des territoires ultramarins.
D’un point de vue juridique, chaque loi de défiscalisation immobilier s’inscrit dans le Code général des impôts et fait l’objet d’instructions fiscales (BOFiP) qui en précisent les modalités d’application. Je recommande systématiquement à mes clients de consulter un avocat en droit fiscal avant de s’engager, car les conditions d’éligibilité sont strictes et les erreurs coûteuses.
Le paysage a considérablement évolué ces dernières années. Le dispositif Pinel, qui a dominé la défiscalisation immobilier locatif pendant près de dix ans, a pris fin le 31 décembre 2024. Son remplacement par la loi Jeanbrun marque un tournant dans la politique fiscale du logement. Parallèlement, d’autres dispositifs restent pleinement opérationnels et méritent votre attention.
La loi Jeanbrun : le nouveau dispositif phare en 2026

La nouvelle loi défiscalisation immobilier 2026 porte le nom du député qui l’a portée à l’Assemblée nationale. Ce dispositif a été conçu pour succéder au Pinel tout en corrigeant ses principales lacunes : concentration excessive dans certaines zones tendues, qualité inégale des programmes et rendements locatifs parfois décevants.
Le dispositif Jeanbrun offre une réduction d’impôt calculée sur le prix d’acquisition du logement neuf ou en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), dans la limite d’un plafond d’investissement. Les taux varient selon la durée d’engagement locatif :
- 6 ans : réduction de 9 % du prix d’acquisition
- 9 ans : réduction de 12 %
- 12 ans : réduction de 14 %
Par rapport au Pinel dans sa dernière version, le Jeanbrun élargit les zones géographiques éligibles et intègre des critères de performance énergétique renforcés. Seuls les logements atteignant au minimum le niveau RE 2020 sont concernés. Le plafonnement des niches fiscales à 10 000 euros par an s’applique, ce qui limite mécaniquement l’avantage pour les contribuables les plus imposés.
Mon conseil : ce dispositif convient aux investisseurs disposant d’une tranche marginale d’imposition (TMI) d’au moins 30 %. En dessous, le gain fiscal ne compense pas toujours les contraintes de location. Pour évaluer l’impact sur votre situation patrimoniale, je vous recommande de faire simuler votre fiscalité immobilière avant tout engagement.
Le dispositif Loc’Avantages : louer solidaire pour défiscaliser
Loc’Avantages est un dispositif que je recommande fréquemment à mes clients, car il est souvent méconnu alors qu’il offre des avantages fiscaux substantiels. Créé par la loi de finances pour 2022, il remplace l’ancien dispositif Cosse et s’applique aussi bien à l’immobilier neuf qu’à l’ancien.
Le principe est le suivant : vous signez une convention avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et vous vous engagez à louer votre bien à un loyer inférieur au marché. En contrepartie, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt proportionnelle à l’effort consenti :
- Loc 1 (loyer intermédiaire) : réduction de 15 % des revenus locatifs bruts (20 % avec intermédiation locative)
- Loc 2 (loyer social) : réduction de 35 % (40 % avec intermédiation locative)
- Loc 3 (loyer très social) : réduction de 65 % avec intermédiation locative obligatoire
L’intermédiation locative signifie que vous confiez la gestion du bien à un organisme agréé (association, agence immobilière sociale). C’est une sécurité supplémentaire : vous êtes protégé contre les impayés et la vacance locative.
Ce dispositif est particulièrement intéressant pour la défiscalisation immobilier ancien, car il n’impose aucune condition de travaux. Vous pouvez conventionner un logement existant, à condition qu’il respecte les critères de décence et de performance énergétique minimum (DPE D ou supérieur depuis 2025).
La loi Malraux : restaurer le patrimoine et réduire ses impôts

La loi Malraux est l’un des dispositifs les plus puissants de la défiscalisation immobilière, et celui que je privilégie pour les contribuables fortement imposés. Créée en 1962, elle a traversé les décennies en conservant son attractivité fiscale.
Le mécanisme est direct : vous achetez un bien situé dans un Site Patrimonial Remarquable (SPR) et vous réalisez des travaux de restauration complète, sous le contrôle de l’Architecte des Bâtiments de France. Les dépenses de travaux ouvrent droit à une réduction d’impôt de :
- 30 % pour les immeubles situés dans un SPR couvert par un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV)
- 22 % pour les immeubles situés dans un SPR couvert par un Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine (PVAP)
Le plafond de travaux déductibles s’élève à 400 000 euros sur quatre ans, soit une réduction d’impôt maximale de 120 000 euros sur la période. Atout majeur : la loi Malraux n’entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros. C’est ce qui en fait un outil privilégié pour les dirigeants d’entreprise et les professions libérales à revenus élevés.
En contrepartie, vous devez louer le bien nu à usage de résidence principale pendant 9 ans minimum. Les travaux doivent être réalisés dans le cadre d’une Autorisation Spéciale de Travaux (AST) délivrée par la préfecture. Je conseille systématiquement à mes clients de vérifier la qualité du montage juridique auprès d’un avocat en droit fiscal avant de signer.
Le dispositif Denormandie : défiscaliser dans l’ancien
Le dispositif Denormandie est la réponse législative à une problématique concrète : la rénovation du parc immobilier ancien dans les villes moyennes. Il s’adresse aux investisseurs qui achètent un logement ancien nécessitant des travaux significatifs dans l’une des communes éligibles au programme Action Cœur de Ville ou ayant signé une convention d’Opération de Revitalisation de Territoire (ORT).
Les taux de réduction d’impôt sont alignés sur ceux du Jeanbrun :
- 12 % pour un engagement de 6 ans
- 18 % pour 9 ans
- 21 % pour 12 ans
La condition essentielle porte sur les travaux : ils doivent représenter au moins 25 % du coût total de l’opération (acquisition + travaux). Les travaux éligibles couvrent l’amélioration de la performance énergétique, la modernisation, l’assainissement ou l’aménagement des surfaces habitables.
Le Denormandie présente un avantage que je souligne régulièrement à mes clients : les prix d’acquisition dans les villes moyennes sont sensiblement inférieurs à ceux des métropoles, ce qui améliore le rendement locatif brut. Un investissement à 150 000 euros dans une ville comme Limoges ou Saint-Étienne peut générer un rendement de 6 à 8 %, bien supérieur aux 3 % habituels du neuf en zone tendue. Pour approfondir la fiscalité applicable aux revenus locatifs, consultez mon article sur la fiscalité LMNP en 2026.
La loi Girardin : investir en Outre-mer pour une réduction maximale

La défiscalisation immobilier Outre-mer via le dispositif Girardin reste, en 2026, le mécanisme offrant la réduction d’impôt la plus élevée de tous les dispositifs existants. Deux volets coexistent :
Girardin logement social (article 199 undecies C du CGI) : vous investissez dans la construction de logements sociaux en Outre-mer via une société de portage. La réduction d’impôt est dite « one shot » : elle s’impute intégralement l’année de la livraison du bien et peut atteindre 110 à 120 % du montant investi. Concrètement, pour 10 000 euros investis, vous pouvez obtenir 11 000 à 12 000 euros de réduction d’impôt.
Girardin logement libre (article 199 undecies A) : vous achetez un logement neuf en Outre-mer pour le louer à usage de résidence principale. La réduction d’impôt s’étale sur 5 ans et peut atteindre 40 % du prix d’acquisition (dans la limite de plafonds spécifiques).
Ce dispositif bénéficie d’un plafond de niches fiscales majoré à 18 000 euros pour les investissements outre-mer, ce qui le rend cumulable avec d’autres avantages fiscaux. Toutefois, j’attire votre attention sur les risques spécifiques : éloignement géographique rendant le contrôle difficile, montages juridiques parfois complexes et risque de requalification fiscale en cas de non-respect des conditions.
Pour sécuriser votre investissement, je recommande de faire auditer le montage par un professionnel du droit fiscal. Le risque de requalification en abus de droit existe lorsque l’opération est manifestement dépourvue de substance économique.
Tableau comparatif des 5 lois de défiscalisation immobilière
Pour vous aider à visualiser les différences entre ces dispositifs, j’ai synthétisé les critères essentiels dans le tableau suivant :
| Dispositif | Type de bien | Réduction d’impôt max. | Durée d’engagement | Plafond niches fiscales | Zone géographique |
|---|---|---|---|---|---|
| Jeanbrun | Neuf / VEFA | 14 % du prix | 6, 9 ou 12 ans | 10 000 €/an | Zones A, A bis, B1, B2 (certaines) |
| Loc’Avantages | Neuf ou ancien | 65 % des revenus locatifs | 6 ans minimum | 10 000 €/an | Toute la France |
| Malraux | Ancien à restaurer | 120 000 € sur 4 ans | 9 ans | Hors plafond | Sites Patrimoniaux Remarquables |
| Denormandie | Ancien avec travaux | 21 % du prix | 6, 9 ou 12 ans | 10 000 €/an | Communes Action Cœur de Ville / ORT |
| Girardin | Neuf Outre-mer | 120 % de l’investissement | 5 à 6 ans | 18 000 €/an | DOM-TOM |
Ce tableau met en évidence un point essentiel : aucun dispositif ne domine les autres sur tous les critères. Le choix dépend de votre profil fiscal, de votre capacité d’investissement et de votre appétence au risque. C’est pourquoi je conseille toujours une approche personnalisée, en lien avec un avocat spécialisé en droit fiscal.
Comment choisir la bonne loi de défiscalisation en 2026
Après avoir accompagné des centaines d’investisseurs, j’ai développé une méthode en quatre étapes pour déterminer le dispositif adapté à chaque situation :
Étape 1 : évaluer votre pression fiscale. Calculez votre TMI et le montant d’impôt que vous souhaitez réduire. Si votre impôt annuel dépasse 10 000 euros, la loi Malraux devient pertinente car elle échappe au plafonnement des niches fiscales. En dessous, orientez-vous vers le Jeanbrun, le Denormandie ou Loc’Avantages.
Étape 2 : définir votre horizon d’investissement. Un engagement de 6 ans n’a pas les mêmes implications qu’un engagement de 12 ans. Votre situation professionnelle, familiale et patrimoniale doit être stable sur la durée choisie. En cas de revente anticipée, la réduction d’impôt est intégralement reprise par l’administration fiscale.
Étape 3 : analyser le marché locatif local. La meilleure réduction d’impôt ne compensera jamais un bien investi dans une zone sans demande locative. Je recommande de privilégier les villes où le taux de vacance locative est inférieur à 7 % et où la démographie est positive. Pour les investissements dans l’ancien, le Denormandie offre des opportunités intéressantes dans les villes moyennes en reconversion.
Étape 4 : sécuriser le montage juridique et fiscal. Chaque dispositif comporte des conditions précises dont le non-respect entraîne la perte de l’avantage fiscal. Je vérifie systématiquement la conformité des baux, des plafonds de loyers, des ressources des locataires et des obligations déclaratives de mes clients. Une erreur dans la déclaration fiscale peut déclencher un contrôle et une reprise des avantages.
Pour les contribuables disposant d’un patrimoine immobilier existant, il est également pertinent d’optimiser la transmission via les mécanismes de donation en parallèle de la stratégie de défiscalisation. Les deux approches sont complémentaires et permettent une optimisation patrimoniale globale.
Enfin, n’oubliez pas que la défiscalisation n’est qu’un levier parmi d’autres. L’investissement immobilier doit rester économiquement viable indépendamment de l’avantage fiscal. Comme je le rappelle souvent à mes clients : un mauvais investissement ne devient pas bon parce qu’il réduit vos impôts. L’emplacement, la qualité du bien et le rendement locatif restent les fondamentaux de tout investissement réussi. Pour une analyse complète de votre situation, n’hésitez pas à consulter notre guide sur le certificat de résidence fiscale, indispensable si vous avez des revenus à l’étranger.
À retenir
- Vérifiez votre tranche marginale d’imposition avant de choisir un dispositif : en dessous de 30 %, le gain fiscal est souvent insuffisant
- Privilégiez la loi Malraux si votre impôt dépasse 10 000 € par an, car elle échappe au plafonnement des niches fiscales
- Faites auditer tout montage Girardin Outre-mer par un avocat fiscaliste pour éviter les risques de requalification
- Ne signez jamais un investissement Denormandie sans avoir vérifié que la commune figure bien sur la liste officielle des communes éligibles
- Exigez une simulation chiffrée sur la durée totale de l’engagement avant de vous engager, incluant fiscalité, charges et hypothèse de revente
Questions fréquentes
Quelle est la nouvelle loi de défiscalisation immobilière en 2026 ?
La loi Jeanbrun est le nouveau dispositif phare de défiscalisation immobilière en 2026. Elle remplace le dispositif Pinel, arrivé à échéance le 31 décembre 2024. Ce mécanisme offre une réduction d’impôt de 9 à 14 % du prix d’acquisition d’un logement neuf, selon la durée d’engagement locatif (6, 9 ou 12 ans). Les conditions d’éligibilité intègrent des exigences de performance énergétique conformes à la RE 2020 et un zonage géographique élargi par rapport au Pinel.
Les principales lois de défiscalisation immobilière en vigueur en 2026 sont : la loi Jeanbrun (neuf), le dispositif Loc’Avantages (neuf et ancien avec loyers modérés), la loi Malraux (restauration du patrimoine), le dispositif Denormandie (ancien avec travaux dans les villes moyennes) et la loi Girardin (investissement en Outre-mer). Chacune cible un type de bien, une zone géographique et un profil d’investisseur différents.Quelles sont les lois de défiscalisation immobilière ?
L’année 2025 a été marquée par l’entrée en vigueur de la loi Jeanbrun en remplacement du Pinel, le renforcement des exigences de performance énergétique pour les logements locatifs (interdiction de location des passoires thermiques classées G), et l’ajustement des plafonds de loyers pour le dispositif Loc’Avantages. La loi de finances pour 2025 a également prorogé le Denormandie et confirmé le maintien du Girardin outre-mer.Quelles sont les nouvelles lois sur l’immobilier en 2025 ?
Pour défiscaliser en immobilier en 2026, commencez par évaluer votre pression fiscale et votre capacité d’investissement. Si votre TMI est d’au moins 30 %, orientez-vous vers le Jeanbrun ou le Denormandie. Au-delà de 10 000 € d’impôt annuel, la loi Malraux offre des réductions hors plafonnement. Faites valider votre projet par un avocat fiscaliste, vérifiez la demande locative dans la zone ciblée et exigez une simulation sur la durée totale de l’engagement avant de signer.Comment défiscaliser en 2026 en immobilier ?
Oui, il est possible de cumuler plusieurs dispositifs de défiscalisation immobilière, à condition de respecter le plafonnement global des niches fiscales fixé à 10 000 € par an (18 000 € pour les investissements outre-mer). La loi Malraux fait exception car elle n’entre pas dans ce plafond. Ainsi, un investisseur peut combiner un Denormandie et un Malraux, ou un Jeanbrun et un Girardin, en veillant à ne pas dépasser les seuils applicables à chaque catégorie.Peut-on cumuler plusieurs dispositifs de défiscalisation immobilière ?
Les principaux risques sont la reprise de l’avantage fiscal en cas de non-respect des conditions (revente anticipée, non-location, dépassement des plafonds), la vacance locative dans des zones peu attractives, et la surévaluation du bien par les promoteurs. En Girardin, le risque de requalification fiscale par l’administration est réel si le montage manque de substance économique. Je recommande de toujours faire auditer l’opération par un professionnel indépendant du vendeur.Quels sont les risques d’un investissement en défiscalisation immobilière ?
Catherine Leroy est avocate fiscaliste au barreau de Paris, spécialisée en droit fiscal des entreprises et droit des sociétés. Après 20 ans de pratique, elle conseille dirigeants et entrepreneurs sur l'optimisation fiscale, la création et la transmission d'entreprise.