Donation et succession : tout savoir sur les abattements

Dans cet article

  • L’abattement en ligne directe (parent-enfant) reste fixé à 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans
  • Le don familial de sommes d’argent bénéficie d’un abattement supplémentaire de 31 865 € sous conditions d’âge
  • Les donations entre époux ou partenaires de PACS profitent d’un abattement de 80 724 €
  • Après 70 ans, les primes d’assurance-vie supérieures à 30 500 € réintègrent la succession taxable
  • Le barème progressif des droits de donation va de 5 % à 45 % selon le montant transmis et le lien de parenté
  • Une stratégie de donations échelonnées permet de transmettre un patrimoine important en quasi-franchise de droits

En tant qu’avocate fiscaliste, je constate chaque semaine que la transmission de patrimoine reste l’une des préoccupations majeures de mes clients. Pourtant, la plupart d’entre eux ignorent les mécanismes d’abattement qui permettent de transmettre des sommes considérables sans payer le moindre euro de droits. Les règles en matière de donation droits succession abattement sont précises, et les maîtriser fait toute la différence entre une transmission coûteuse et une transmission optimisée.

Je vous propose dans cet article un décryptage complet des abattements applicables, des barèmes en vigueur et des stratégies concrètes pour anticiper votre succession. Que vous soyez parent souhaitant aider vos enfants, chef d’entreprise préparant la transmission de votre société, ou simplement soucieux de protéger votre conjoint, vous trouverez ici les clés pour agir efficacement.

Abattements en donation et succession : les principes fondamentaux

L’abattement fiscal désigne la part de la valeur transmise qui échappe à l’impôt. En matière de donation comme de succession, le Code général des impôts prévoit des abattements dont le montant varie en fonction du lien de parenté entre le donateur (ou le défunt) et le bénéficiaire. Ces abattements constituent le socle de toute stratégie de transmission patrimoniale.

Le principe est simple : avant d’appliquer le barème progressif des droits de mutation à titre gratuit, l’administration fiscale déduit l’abattement applicable. Seule la fraction excédentaire supporte l’impôt. Ainsi, pour une donation de 150 000 € d’un parent à un enfant, l’abattement de 100 000 € s’applique et seuls 50 000 € sont soumis aux droits.

Le calcul des abattements repose sur le lien de parenté et le délai de rappel fiscal
Le calcul des abattements repose sur le lien de parenté et le délai de rappel fiscal

Il est essentiel de comprendre que ces abattements s’appliquent par donateur et par bénéficiaire. Concrètement, un couple marié peut transmettre à chacun de ses deux enfants jusqu’à 200 000 € (100 000 € par parent) en totale franchise de droits, soit 400 000 € au total pour deux enfants, sans qu’aucun droit ne soit dû. Ce mécanisme, prévu par l’article 779 du Code général des impôts, constitue le levier le plus puissant de l’optimisation successorale.

Les abattements s’appliquent aussi bien aux donations entre vifs (du vivant du donateur) qu’aux successions (au décès). Toutefois, le rappel fiscal sur 15 ans impose de prendre en compte les donations antérieures pour déterminer si l’abattement a déjà été consommé.

Tableau des abattements applicables en 2026

Voici le récapitulatif complet des abattements en vigueur en 2026 pour les donations et successions. Ces montants n’ont pas été revalorisés depuis 2012, malgré plusieurs propositions parlementaires.

Lien de parenté Abattement applicable Renouvellement
En ligne directe (parent → enfant) 100 000 € Tous les 15 ans
Entre époux ou partenaires de PACS 80 724 € Tous les 15 ans
Entre frères et sœurs 15 932 € Tous les 15 ans
Entre neveux et nièces 7 967 € Tous les 15 ans
Petit-enfant 31 865 € Tous les 15 ans
Arrière-petit-enfant 5 310 € Tous les 15 ans
Personne handicapée (cumulable) 159 325 € Tous les 15 ans
Don familial de sommes d’argent (donateur < 80 ans, donataire majeur) 31 865 € Tous les 15 ans
Entre tiers (sans lien de parenté) 1 594 € Tous les 15 ans

Je tiens à souligner un point que beaucoup de mes clients ignorent : l’abattement pour personne handicapée de 159 325 € se cumule avec l’abattement lié au degré de parenté. Ainsi, un enfant en situation de handicap peut recevoir jusqu’à 259 325 € en franchise de droits de la part de chacun de ses parents (100 000 € + 159 325 €).

Le don familial de sommes d’argent (anciennement don Sarkozy) constitue un abattement supplémentaire de 31 865 €, cumulable avec l’abattement de droit commun. Ce dispositif s’applique aux dons d’argent consentis par un donateur de moins de 80 ans au profit d’un enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant ou, à défaut de descendance, d’un neveu ou d’une nièce majeur. Pour approfondir les mécanismes de transmission, je vous invite à consulter mon article sur la donation manuelle et succession.

Barème des droits de donation et de succession

Une fois l’abattement déduit, la part taxable est soumise à un barème progressif dont les taux varient selon le lien de parenté. Le barème applicable en ligne directe est identique pour les donations et les successions.

Tranche (part nette taxable) Taux en ligne directe
Jusqu’à 8 072 € 5 %
De 8 072 € à 12 109 € 10 %
De 12 109 € à 15 932 € 15 %
De 15 932 € à 552 324 € 20 %
De 552 324 € à 902 838 € 30 %
De 902 838 € à 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %

Pour les transmissions entre frères et sœurs, le taux est de 35 % jusqu’à 24 430 € puis de 45 % au-delà. Entre parents au 4e degré ou plus éloignés, le taux forfaitaire atteint 55 %. Entre personnes non parentes, il s’élève à 60 %.

L'accompagnement par un avocat fiscaliste sécurise chaque étape de la transmission
L’accompagnement par un avocat fiscaliste sécurise chaque étape de la transmission

Prenons un exemple concret. Vous souhaitez transmettre 250 000 € à votre fille unique. Après déduction de l’abattement de 100 000 €, la part taxable s’élève à 150 000 €. Le calcul des droits s’effectue tranche par tranche : 5 % sur 8 072 €, puis 10 % sur 4 037 €, puis 15 % sur 3 823 €, et enfin 20 % sur 134 068 €. Le total des droits s’élève à environ 28 194 €, soit un taux effectif d’environ 11,3 % sur la totalité de la donation. L’impact de l’abattement est considérable : sans lui, les droits auraient atteint plus de 48 000 €.

Pour les dirigeants d’entreprise, le pacte Dutreil permet d’obtenir une exonération de 75 % de la valeur des titres transmis, ce qui réduit drastiquement la base taxable avant application du barème.

La règle des 15 ans et le rappel fiscal

Le mécanisme du rappel fiscal est fondamental pour comprendre le fonctionnement des abattements. L’article 784 du Code général des impôts prévoit que lors de chaque nouvelle donation ou au moment de la succession, les donations consenties depuis moins de 15 ans doivent être rappelées pour calculer les droits dus.

Concrètement, si vous donnez 100 000 € à votre enfant en 2026 en utilisant la totalité de votre abattement, vous devrez attendre 2041 pour bénéficier à nouveau de ce même abattement. Si vous effectuez une nouvelle donation avant cette date, l’abattement sera considéré comme déjà consommé et la totalité de la nouvelle donation sera taxable.

Cette règle a des implications directes sur la planification successorale. Je recommande à mes clients de commencer les donations le plus tôt possible pour maximiser le nombre de cycles de 15 ans. Un parent de 45 ans peut théoriquement utiliser trois fois son abattement avant 90 ans (à 45, 60 et 75 ans), transmettant ainsi 300 000 € par enfant en franchise de droits.

Attention cependant : la rumeur persistante selon laquelle il serait possible de donner 150 000 € tous les 10 ans est erronée. Le délai de rappel fiscal est bien de 15 ans, et l’abattement en ligne directe reste à 100 000 €. Cette confusion provient probablement d’anciennes dispositions (le délai était de 10 ans avant 2012) ou du cumul avec le don familial de sommes d’argent.

Donation après 70 ans : spécificités et optimisation

Beaucoup de mes clients s’interrogent sur l’intérêt de donner après 70 ans. La bonne nouvelle, c’est que les abattements restent identiques quel que soit l’âge du donateur. Un parent de 75 ans bénéficie exactement du même abattement de 100 000 € qu’un parent de 45 ans.

En revanche, plusieurs mécanismes deviennent moins favorables avec l’âge :

  • Assurance-vie après 70 ans : les primes versées après le 70e anniversaire de l’assuré ne bénéficient que d’un abattement global de 30 500 €, contre 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 757 B du CGI). C’est un changement majeur de régime fiscal.
  • Don familial de sommes d’argent : l’exonération de 31 865 € suppose que le donateur ait moins de 80 ans. Passé cet âge, cet abattement supplémentaire disparaît.
  • Démembrement de propriété : la valeur fiscale de l’usufruit diminue avec l’âge du donateur (barème de l’article 669 du CGI). À 75 ans, l’usufruit ne représente plus que 30 % de la pleine propriété, ce qui signifie que la nue-propriété transmise vaut 70 % de la valeur du bien. Cette valorisation plus élevée réduit l’effet levier du démembrement.

Malgré ces contraintes, je conseille régulièrement à mes clients seniors de ne pas renoncer à la donation. Même après 70 ans, donner reste presque toujours plus avantageux qu’attendre la succession, ne serait-ce que pour purger les plus-values latentes sur les biens immobiliers. Pour une vision complète des enjeux de plus-value immobilière en 2026, consultez mon guide dédié.

Même après 70 ans, les donations restent un levier fiscal efficace pour transmettre son patrimoine
Même après 70 ans, les donations restent un levier fiscal efficace pour transmettre son patrimoine

Nouvelle loi sur les donations : ce qui change en 2026

Le paysage législatif des donations a connu plusieurs évolutions récentes. La loi de finances pour 2025 a prolongé et étendu certains dispositifs temporaires qui méritent votre attention en 2026.

Le dispositif d’exonération exceptionnelle pour les dons familiaux affectés à l’acquisition ou la rénovation énergétique d’un logement a été reconduit. Ce mécanisme permet de transmettre jusqu’à 100 000 € par donateur en franchise de droits, à condition que les fonds soient affectés à l’achat d’une résidence principale neuve ou à des travaux de rénovation énergétique. Cet abattement se cumule avec les abattements de droit commun.

Par ailleurs, les discussions parlementaires ont régulièrement porté sur une réduction du délai de rappel fiscal de 15 à 10 ans, voire sur une revalorisation des abattements. À ce jour, ces propositions n’ont pas été adoptées, mais elles témoignent d’une volonté politique de faciliter les transmissions anticipées. Il convient de surveiller attentivement les prochaines lois de finances.

En matière de transmission d’entreprise, le pacte Dutreil reste le dispositif phare avec son exonération de 75 % de la valeur des titres. Les conditions d’engagement de conservation ont toutefois été précisées par la jurisprudence récente, et je recommande vivement à tout dirigeant souhaitant transmettre son entreprise de se faire accompagner par un spécialiste des structures de holding pour sécuriser l’opération.

Enfin, les règles relatives à la fraude fiscale se sont durcies. L’administration dispose désormais d’outils renforcés pour détecter les donations non déclarées, notamment les dons manuels révélés à l’occasion d’un contrôle. Je recommande systématiquement de déclarer toute donation, même lorsqu’elle se situe en dessous des seuils d’abattement.

Stratégies d’optimisation de la transmission

Fort de mon expérience en ingénierie patrimoniale, je partage ici les stratégies les plus efficaces que je mets en œuvre pour mes clients.

La donation en démembrement de propriété

Donner la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit permet de réduire significativement l’assiette des droits. Le barème fiscal fixe la valeur de la nue-propriété en fonction de l’âge de l’usufruitier : à 55 ans, la nue-propriété représente 50 % de la valeur du bien. Un bien de 400 000 € peut ainsi être transmis pour une base taxable de seulement 200 000 €. Au décès du donateur, le donataire récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires.

Les donations échelonnées sur plusieurs cycles

En exploitant les cycles de 15 ans, un couple avec deux enfants peut transmettre :

  • Cycle 1 : 100 000 € × 2 parents × 2 enfants = 400 000 €
  • Cycle 2 (15 ans plus tard) : à nouveau 400 000 €
  • Total sur 30 ans : 800 000 € en franchise totale de droits

En ajoutant les dons familiaux de sommes d’argent (31 865 € × 2 × 2 = 127 460 € par cycle), les montants transmis sans fiscalité deviennent encore plus importants.

La donation-partage

La donation-partage présente un avantage crucial par rapport à la donation simple : les biens sont évalués au jour de la donation et non au jour du décès. Cette caractéristique protège contre le risque de rapport successoral à la valeur réévaluée. Pour un bien immobilier dont la valeur a doublé en 20 ans, la différence est considérable. C’est un mécanisme que j’aborde en détail dans mon article sur la donation au dernier vivant et les frais de succession.

L’utilisation d’une société holding

Pour les patrimoines professionnels, la création d’une société de holding en amont de la transmission permet de combiner plusieurs leviers : pacte Dutreil, démembrement des parts, et donation progressive. Cette structuration nécessite une planification rigoureuse, mais les économies fiscales peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros sur les grandes transmissions.

Frais de succession après une donation : comment ça marche ?

La question revient constamment dans mon cabinet : quels sont les frais de succession restants lorsqu’on a déjà fait une donation ? La réponse dépend du mécanisme de rappel fiscal.

Lors de l’ouverture de la succession, l’administration reconstitue l’ensemble des libéralités consenties au cours des 15 années précédant le décès. Les donations antérieures sont ajoutées fictivement à l’actif successoral pour déterminer les droits de succession. Si l’abattement a été consommé par une donation récente, il ne s’applique plus sur la part successorale.

Cependant, les droits déjà payés sur les donations antérieures viennent en déduction des droits de succession calculés. Il n’y a donc pas de double imposition, mais l’effet de seuil peut entraîner l’application de tranches plus élevées du barème progressif.

En pratique, si vous avez effectué une donation de 100 000 € à votre enfant en utilisant votre abattement, et que vous décédez moins de 15 ans après, la succession sera calculée comme suit :

  • L’abattement de 100 000 € est considéré comme déjà utilisé
  • La totalité de la part successorale est soumise au barème progressif
  • Les droits éventuellement payés sur la donation sont imputés sur les droits de succession

Si plus de 15 ans se sont écoulés entre la donation et le décès, la donation sort du rappel fiscal et l’abattement est intégralement reconstitué pour la succession. C’est pourquoi j’insiste systématiquement sur l’importance d’anticiper. Pour les situations internationales, les enjeux de résidence fiscale ajoutent une couche de complexité qu’il convient de traiter en amont.

Les erreurs à éviter lors d’une donation

Au fil de ma pratique, j’ai identifié les erreurs les plus fréquentes commises par les donateurs :

1. Ne pas déclarer un don manuel. Même un virement de 10 000 € constitue juridiquement une donation. L’absence de déclaration expose à des pénalités de 40 % pour manquement délibéré, voire à des poursuites pour fraude fiscale sur les montants importants. La déclaration se fait via le formulaire Cerfa n° 2735, disponible sur le site service-public.fr.

2. Confondre donation et présent d’usage. Le présent d’usage (cadeau de Noël, d’anniversaire) n’est pas une donation à condition qu’il reste proportionné aux revenus du donateur. Un cadeau de 5 000 € pour quelqu’un gagnant 3 000 € par mois est difficilement qualifiable de présent d’usage.

3. Oublier le rappel fiscal des 15 ans. De nombreux clients pensent que chaque donation repart de zéro. Ce n’est le cas que si 15 années complètes se sont écoulées depuis la dernière donation déclarée.

4. Négliger l’égalité entre héritiers. Une donation à un seul enfant sans précaution peut générer des conflits successoraux majeurs. La donation-partage, qui permet de figer les valeurs et de répartir équitablement, est souvent préférable.

5. Donner sans se réserver de ressources suffisantes. J’ai vu des clients se retrouver en difficulté financière pour avoir trop donné. La règle d’or : ne jamais donner plus que ce que l’on peut se permettre de perdre, en tenant compte de l’allongement de la durée de vie et des frais de dépendance potentiels.

Pour sécuriser votre stratégie de transmission, l’accompagnement par un professionnel qualifié en droit des affaires et en fiscalité patrimoniale est indispensable, surtout lorsque des enjeux transfrontaliers ou entrepreneuriaux sont en jeu.

À retenir

  • Planifiez vos donations dès 45-50 ans pour bénéficier de plusieurs cycles d’abattement de 15 ans
  • Cumulez les abattements : droit commun (100 000 €) + don familial (31 865 €) + handicap (159 325 €) le cas échéant
  • Privilégiez la donation-partage plutôt que la donation simple pour figer la valeur des biens au jour de l’acte
  • Déclarez systématiquement chaque don, même inférieur aux seuils, via le formulaire Cerfa n° 2735
  • Étudiez le démembrement de propriété avant 71 ans pour maximiser l’effet levier fiscal sur les biens immobiliers

Questions fréquentes


Quels sont les abattements pour les donations en 2026 ?

En 2026, l’abattement principal en ligne directe reste fixé à 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. S’y ajoute l’abattement pour don familial de sommes d’argent de 31 865 € (donateur de moins de 80 ans, donataire majeur). Entre époux ou partenaires de PACS, l’abattement est de 80 724 €. Pour les petits-enfants, il s’élève à 31 865 €. Un abattement supplémentaire de 159 325 € s’applique en faveur des personnes handicapées, cumulable avec les autres abattements.


Quels sont les frais de succession après une donation ?

Les frais de succession dépendent du rappel fiscal sur 15 ans. Si la donation date de moins de 15 ans, l’abattement est considéré comme consommé et la part successorale est intégralement soumise au barème progressif (de 5 % à 45 % en ligne directe). Les droits déjà payés sur la donation sont toutefois déduits. Si plus de 15 ans se sont écoulés, l’abattement est reconstitué et s’applique à nouveau sur la succession. D’où l’intérêt d’anticiper les donations le plus tôt possible.


Quels sont les frais de donation après 70 ans ?

Après 70 ans, les abattements sur les donations restent identiques : 100 000 € par enfant en ligne directe. En revanche, l’assurance-vie devient moins avantageuse car les primes versées après 70 ans ne bénéficient que d’un abattement global de 30 500 € (au lieu de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans). Le don familial de sommes d’argent (31 865 €) reste accessible jusqu’à 80 ans. Au-delà de 80 ans, cet abattement supplémentaire disparaît. Les frais de notaire pour l’acte de donation s’appliquent normalement, quel que soit l’âge.


Quelle est la nouvelle loi sur les donations ?

La loi de finances pour 2025 a prolongé le dispositif d’exonération exceptionnelle pour les dons familiaux destinés à l’achat ou la rénovation énergétique d’un logement, permettant de transmettre jusqu’à 100 000 € supplémentaires en franchise de droits. Des propositions de réduction du délai de rappel fiscal de 15 à 10 ans et de revalorisation des abattements ont été débattues mais non adoptées à ce stade. Le pacte Dutreil (exonération de 75 % pour la transmission d’entreprise) a vu ses conditions précisées par la jurisprudence récente.


Peut-on donner 150 000 euros tous les 10 ans ?

Non, cette croyance est une confusion fréquente. L’abattement en ligne directe est de 100 000 € (et non 150 000 €) et le délai de renouvellement est de 15 ans (et non 10 ans). Avant 2012, le délai était effectivement de 10 ans, ce qui explique la persistance de cette idée. En cumulant l’abattement de droit commun (100 000 €) et le don familial de sommes d’argent (31 865 €), un parent peut toutefois transmettre 131 865 € par enfant tous les 15 ans sans droits.


Comment fonctionne le démembrement de propriété pour réduire les droits de donation ?

Le démembrement consiste à donner la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit (droit d’usage et de jouissance). La valeur de la nue-propriété est déterminée par un barème fiscal lié à l’âge du donateur : à 55 ans, elle représente 50 % de la valeur totale ; à 65 ans, 60 % ; à 75 ans, 70 %. Les droits de donation ne portent que sur cette valeur réduite. Au décès du donateur, la pleine propriété se reconstitue automatiquement au profit du donataire sans aucun droit supplémentaire. C’est l’un des outils les plus efficaces de la transmission patrimoniale.


Catherine Leroy
Catherine Leroy

Catherine Leroy est avocate fiscaliste au barreau de Paris, spécialisée en droit fiscal des entreprises et droit des sociétés. Après 20 ans de pratique, elle conseille dirigeants et entrepreneurs sur l'optimisation fiscale, la création et la transmission d'entreprise.