Dans cet article
- Le seuil TVA micro-entreprise 2025 reste à 91 900 € pour les ventes et 36 800 € pour les services après l’abrogation de la réforme du seuil unique
- La tentative d’instaurer un seuil unique de 25 000 € a été définitivement abandonnée par la loi Midy du 3 novembre 2025
- Les seuils majorés de 101 000 € (ventes) et 39 100 € (services) restent les plafonds de tolérance en cas de dépassement ponctuel
- Un micro-entrepreneur en BNC doit surveiller le seuil de 36 800 € pour conserver la franchise en base de TVA
- Des évolutions sont attendues pour 2026 avec une possible revalorisation des seuils indexée sur l’inflation
- Le dépassement du seuil majoré entraîne une facturation immédiate de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement
Sommaire
- Seuils TVA micro-entreprise 2025 : le tableau comparatif complet
- La réforme avortée du seuil unique à 25 000 €
- Comment fonctionne la franchise en base de TVA
- Seuil TVA en prestation de services et BNC
- Dépassement du seuil TVA : conséquences et démarches
- Comparatif des seuils TVA de 2023 à 2026
- Impact concret sur la gestion de votre micro-entreprise
- Mes recommandations pour anticiper vos obligations
La question du seuil TVA micro-entreprise 2025 a provoqué une véritable onde de choc parmi les indépendants cette année. Entre la tentative gouvernementale d’abaisser brutalement le plafond à 25 000 € et son abrogation par la loi Midy, les micro-entrepreneurs ont traversé des mois d’incertitude. En tant qu’avocate fiscaliste, j’ai accompagné de nombreux clients désorientés par ces aller-retour législatifs. Je vous propose aujourd’hui un comparatif clair et complet des seuils applicables, de leur évolution récente et de leur impact réel sur votre activité.
Seuils TVA micro-entreprise 2025 : le tableau comparatif complet
Pour y voir clair, commençons par les chiffres applicables depuis le 1er janvier 2025, tels qu’ils résultent du maintien du dispositif antérieur après l’abandon de la réforme.
| Type d’activité | Seuil de base (franchise TVA) | Seuil majoré (tolérance) | Plafond CA micro-entreprise |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, objets, fournitures, denrées | 91 900 € | 101 000 € | 188 700 € |
| Prestations de services (BIC) | 36 800 € | 39 100 € | 77 700 € |
| Prestations de services (BNC) | 36 800 € | 39 100 € | 77 700 € |
| Activités libérales réglementées | 36 800 € | 39 100 € | 77 700 € |
| Avocats, auteurs, artistes-interprètes | 47 700 € | 58 600 € | 77 700 € |
Il est essentiel de ne pas confondre le seuil de franchise en base de TVA avec le plafond de chiffre d’affaires de la micro-entreprise. Ce sont deux mécanismes distincts : vous pouvez rester en micro-entreprise tout en étant assujetti à la TVA si votre chiffre d’affaires dépasse le seuil de franchise sans dépasser le plafond du régime micro. Pour approfondir les mécanismes de la TVA applicables à votre statut, je vous invite à consulter mon article sur la TVA micro-entreprise 2025 et ses 3 changements clés.
La réforme avortée du seuil unique à 25 000 €

L’année 2025 restera marquée par l’un des épisodes législatifs les plus chaotiques en matière de fiscalité des indépendants. La loi de finances pour 2025 avait initialement prévu, via une modification de l’article 293 B du Code général des impôts, l’instauration d’un seuil unique de franchise en base de TVA fixé à 25 000 € pour toutes les activités, applicable à compter du 1er mars 2025.
Cette mesure aurait eu des conséquences considérables. Des centaines de milliers de micro-entrepreneurs, jusqu’alors exemptés de TVA, auraient été contraints de la facturer du jour au lendemain. Pour un prestataire de services réalisant 30 000 € de chiffre d’affaires annuel, cela impliquait de collecter et reverser la TVA, de modifier l’ensemble de sa facturation, et potentiellement de perdre en compétitivité face aux clients particuliers ne récupérant pas la TVA.
Face à la mobilisation massive des auto-entrepreneurs et des organisations professionnelles, le gouvernement a d’abord suspendu l’application de cette mesure. Puis, la loi Midy du 3 novembre 2025 est venue définitivement abroger cette réforme, comme le relate le dossier législatif de Vie-publique.fr. Les seuils antérieurs ont été rétablis avec effet rétroactif.
J’insiste sur un point : même si cette réforme a été abandonnée, elle révèle une volonté politique d’harmoniser et de simplifier les seuils de franchise TVA. Il n’est pas impossible que le sujet revienne sous une autre forme dans les prochaines lois de finances. Je recommande à mes clients de rester vigilants et de se préparer à une éventuelle assujettissement futur.
Comment fonctionne la franchise en base de TVA
La franchise en base de TVA est un dispositif de simplification fiscale prévu par l’article 293 B du CGI. Elle dispense les petites entreprises de collecter la TVA sur leurs ventes et prestations, en contrepartie de quoi elles ne peuvent pas non plus déduire la TVA sur leurs achats professionnels.
Concrètement, tant que votre chiffre d’affaires de l’année civile précédente (N-1) reste sous le seuil de base, vous bénéficiez automatiquement de la franchise. Vous facturez alors vos clients hors taxe et devez porter la mention obligatoire « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur chacune de vos factures.
Le mécanisme du seuil majoré offre une zone de tolérance. Si votre chiffre d’affaires de l’année N-1 reste sous le seuil de base, mais que vous dépassez ce seuil en cours d’année N sans franchir le seuil majoré, vous conservez la franchise pour l’année en cours. En revanche, si vous dépassez le seuil majoré, la TVA devient exigible dès le premier jour du mois de dépassement.
Pour les activités de vente de marchandises, cela signifie que la zone de tolérance se situe entre 91 900 € et 101 000 €. Pour les prestations de services, elle se situe entre 36 800 € et 39 100 €. Ce mécanisme dual évite qu’un pic d’activité ponctuel ne précipite l’entrepreneur dans le régime de TVA de droit commun.
Attention toutefois : si vous dépassez le seuil de base deux années consécutives, vous perdez le bénéfice de la franchise au 1er janvier de la troisième année, même sans avoir atteint le seuil majoré. Ce point est souvent méconnu et provoque des régularisations douloureuses lors de contrôles Urssaf.
Seuil TVA en prestation de services et BNC

Le seuil TVA micro-entreprise 2025 en prestation de service mérite une attention particulière car il concerne la majorité des auto-entrepreneurs : consultants, développeurs, graphistes, formateurs, coachs, rédacteurs. Pour toutes ces activités classées en BNC (bénéfices non commerciaux) ou en BIC (bénéfices industriels et commerciaux pour les services artisanaux), le seuil de franchise s’établit à 36 800 €.
Ce seuil s’apprécie sur le chiffre d’affaires effectivement encaissé au cours de l’année civile, et non sur le chiffre d’affaires facturé. La nuance est importante : si vous émettez une facture en décembre 2025 mais que votre client paie en janvier 2026, ce montant sera comptabilisé sur l’exercice 2026.
Pour les professions réglementées relevant du seuil TVA micro-entreprise 2025 BNC, le plafond est identique : 36 800 €. Seuls les avocats et les auteurs bénéficient d’un seuil spécifique plus élevé de 47 700 €, en reconnaissance de la nature particulière de leurs activités.
Je constate en pratique que beaucoup de prestataires de services approchent dangereusement le seuil en fin d’année sans s’en rendre compte. Mon conseil : mettez en place un suivi mensuel de votre chiffre d’affaires cumulé et projetez votre trajectoire dès le mois de septembre. Cela vous laisse le temps d’adapter votre stratégie, que ce soit en reportant certaines facturations ou en préparant votre passage à la TVA.
Dépassement du seuil TVA : conséquences et démarches
Le dépassement du seuil de franchise en base de TVA déclenche une série d’obligations qu’il faut anticiper. Voici les deux scénarios possibles :
Scénario 1 : dépassement du seuil de base sans atteindre le seuil majoré. Si votre CA de l’année N-1 était inférieur au seuil de base, vous conservez la franchise pour l’année en cours. Mais si vous dépassez à nouveau le seuil de base en année N, vous deviendrez redevable de la TVA au 1er janvier N+1. Vous avez donc le temps de vous préparer.
Scénario 2 : dépassement du seuil majoré. La situation est plus urgente. Vous devez facturer la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Cela implique de :
- Demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre service des impôts des entreprises
- Modifier immédiatement vos modèles de factures pour inclure la TVA
- Choisir votre régime de TVA : réel simplifié (déclarations semestrielles) ou réel normal (déclarations mensuelles)
- Déclarer et reverser la TVA collectée selon la périodicité choisie
- Informer vos clients du changement de tarification
La bonne nouvelle, c’est que le passage à la TVA vous ouvre le droit à déduction de la TVA sur vos achats professionnels : matériel informatique, logiciels, fournitures, loyer professionnel. Pour certains micro-entrepreneurs ayant des charges significatives, le passage à la TVA peut s’avérer neutre voire avantageux sur le plan financier. C’est un calcul que je recommande systématiquement de faire avant de considérer le dépassement comme une catastrophe. Vous retrouverez des éléments complémentaires dans mon guide sur l’auto-entreprise et TVA : coûts et seuils à connaître.
Comparatif des seuils TVA de 2023 à 2026
Pour mesurer l’évolution des seuils de franchise TVA et anticiper les tendances, voici un comparatif sur quatre années.
| Année | Ventes : seuil de base | Ventes : seuil majoré | Services : seuil de base | Services : seuil majoré | Particularité |
|---|---|---|---|---|---|
| 2023 | 91 900 € | 101 000 € | 36 800 € | 39 100 € | Seuils revalorisés (triennal) |
| 2024 | 91 900 € | 101 000 € | 36 800 € | 39 100 € | Seuils inchangés |
| 2025 | 91 900 € | 101 000 € | 36 800 € | 39 100 € | Réforme 25 000 € abrogée (loi Midy) |
| 2026 (prévisionnel) | ~93 500 € * | ~103 000 € * | ~37 500 € * | ~39 900 € * | Revalorisation attendue (indexation) |
* Les seuils 2026 sont des estimations basées sur les projections d’indexation. Les montants définitifs seront fixés par la loi de finances pour 2026.

On constate que les seuils TVA 2025 sont restés identiques à ceux de 2023 et 2024, la période triennale de révision n’ayant pas encore produit ses effets compte tenu du tumulte législatif. Pour le seuil TVA micro-entreprise 2026, une revalorisation modeste est anticipée, sans bouleversement majeur. Toutefois, la discussion parlementaire reste ouverte et pourrait réserver des surprises.
Le seuil TVA 2026 devrait donc connaître une légère hausse, bienvenue pour les entrepreneurs dont l’activité progresse naturellement avec l’inflation. Si vous êtes dans cette situation, je vous conseille de consulter également mon analyse sur la fiscalité LMNP 2026 qui illustre comment les seuils fiscaux impactent d’autres régimes similaires.
Impact concret sur la gestion de votre micro-entreprise
Au-delà des chiffres, le seuil TVA micro-entreprise 2025 a des répercussions concrètes sur votre quotidien de chef d’entreprise. Voici les principaux impacts à considérer.
Sur votre politique tarifaire. Tant que vous bénéficiez de la franchise, vous facturez HT. Si vous travaillez principalement avec des particuliers (qui ne récupèrent pas la TVA), la franchise vous confère un avantage compétitif de 20 % par rapport à un concurrent assujetti. En revanche, face à des clients professionnels, cet avantage disparaît puisqu’ils déduisent la TVA. Certains clients B2B préfèrent même travailler avec des fournisseurs assujettis pour récupérer la TVA.
Sur votre trésorerie. Le passage à la TVA crée un décalage de trésorerie : vous collectez la TVA pour le compte de l’État et devez la reverser périodiquement. Si vos clients paient avec retard, vous avancez la TVA de votre poche. Ce risque de trésorerie est souvent sous-estimé par les micro-entrepreneurs habitués à la franchise.
Sur vos obligations administratives. La franchise vous exonère de toute déclaration de TVA. Le passage au régime réel implique des déclarations CA3 mensuelles ou CA12 annuelles, la tenue d’un registre de TVA, et une rigueur comptable accrue. Pour un indépendant sans comptable, la charge administrative peut représenter 2 à 4 heures supplémentaires par mois.
Sur votre choix de structure. Si votre activité croît régulièrement au-delà des seuils, il peut être pertinent d’envisager un changement de statut juridique. Le passage en société (SASU, EURL) offre une meilleure optimisation fiscale à partir d’un certain niveau de revenus, notamment grâce à la déduction des charges réelles. C’est une réflexion que je mène régulièrement avec mes clients lorsque le seuil TVA devient une contrainte récurrente.
Mes recommandations pour anticiper vos obligations
Fort de mon expérience en accompagnement des micro-entrepreneurs, voici les actions que je recommande pour aborder sereinement la question des seuils TVA.
1. Mettez en place un tableau de bord mensuel. Suivez votre chiffre d’affaires cumulé mois par mois et comparez-le aux seuils. Un simple tableur suffit. Intégrez une alerte visuelle à 80 % du seuil pour vous laisser le temps de réagir.
2. Simulez l’impact financier du passage à la TVA. Avant d’atteindre le seuil, calculez : quel serait votre prix TTC ? Vos clients accepteraient-ils une hausse de 20 % ? Combien de TVA pourriez-vous déduire sur vos charges ? Dans de nombreux cas, l’impact net est bien moindre que les 20 % redoutés.
3. Anticipez la transition administrative. Préparez vos nouveaux modèles de factures conformes, identifiez le régime de TVA le plus adapté à votre activité, et renseignez-vous sur les conditions de la franchise en base de TVA selon le ministère de l’Économie. N’attendez pas le mois du dépassement pour découvrir vos obligations.
4. Consultez un professionnel en amont. Un avocat fiscaliste ou un expert-comptable peut vous aider à optimiser le timing du passage à la TVA et à structurer votre activité de manière favorable. C’est un investissement rentable, surtout si vous envisagez parallèlement un changement de statut. Pour éviter les mauvaises surprises lors d’un éventuel contrôle Urssaf après radiation, la rigueur en amont est votre meilleure protection.
5. Restez informé des évolutions législatives. Comme l’a montré l’épisode du seuil à 25 000 €, la fiscalité des micro-entreprises est un sujet politiquement sensible. Suivez les débats parlementaires et les annonces du ministère de l’Économie, en particulier lors de la discussion du projet de loi de finances chaque automne. Le portail entreprendre.service-public.fr constitue une source fiable pour les mises à jour réglementaires.
À retenir
- Les seuils TVA 2025 sont maintenus à 91 900 € (ventes) et 36 800 € (services) après l’abrogation de la réforme
- Surveillez votre CA cumulé chaque mois et placez une alerte à 80 % du seuil applicable à votre activité
- Simulez l’impact financier du passage à la TVA avant d’atteindre le seuil pour éviter les décisions précipitées
- Préparez vos factures conformes et choisissez votre régime de TVA (réel simplifié ou normal) en amont
- Consultez un avocat fiscaliste si votre CA approche régulièrement les seuils pour évaluer l’opportunité d’un changement de structure juridique
Questions fréquentes
Quel est le seuil de TVA pour les auto-entrepreneurs en 2025 ?
En 2025, le seuil de franchise en base de TVA pour les auto-entrepreneurs est de 91 900 € pour les activités de vente de marchandises et de 36 800 € pour les prestations de services. La réforme qui prévoyait un abaissement à 25 000 € a été définitivement abrogée par la loi Midy du 3 novembre 2025. Ces seuils s’apprécient sur le chiffre d’affaires encaissé au cours de l’année civile précédente.
Quel est le seuil de TVA pour un auto-entrepreneur ?
Le seuil de TVA pour un auto-entrepreneur dépend de la nature de son activité. Pour la vente de marchandises, le seuil de base est de 91 900 € avec un seuil majoré de 101 000 €. Pour les prestations de services (BIC ou BNC), le seuil de base est de 36 800 € avec un seuil majoré de 39 100 €. Tant que le chiffre d’affaires de l’année précédente reste sous le seuil de base, la franchise s’applique automatiquement.
Quel est le plafond de TVA pour un micro-entrepreneur ?
Le plafond de TVA pour un micro-entrepreneur correspond au seuil majoré de franchise : 101 000 € pour les ventes et 39 100 € pour les services. Au-delà de ces montants en cours d’année, la TVA devient exigible dès le premier jour du mois de dépassement, sans attendre l’année suivante. Il ne faut pas confondre ce plafond TVA avec le plafond du régime micro-entreprise (188 700 € pour les ventes, 77 700 € pour les services).
Quelle est la limite de TVA en 2025 ?
La limite de TVA en 2025 reste inchangée par rapport à 2024. Elle est fixée à 91 900 € (seuil de base) et 101 000 € (seuil majoré) pour les activités commerciales, et à 36 800 € (seuil de base) et 39 100 € (seuil majoré) pour les activités de services. Ces montants sont issus de la dernière revalorisation triennale et devraient être révisés pour 2026.
Que se passe-t-il si je dépasse le seuil de TVA en cours d’année ?
Si vous dépassez le seuil de base sans atteindre le seuil majoré, vous conservez la franchise pour l’année en cours mais la perdrez au 1er janvier de l’année suivante si le dépassement se confirme deux années de suite. En revanche, si vous dépassez le seuil majoré (101 000 € en ventes ou 39 100 € en services), vous devez facturer la TVA dès le premier jour du mois de dépassement et effectuer les démarches d’immatriculation à la TVA auprès de votre service des impôts des entreprises.
La réforme du seuil unique à 25 000 € peut-elle revenir ?
Si la loi Midy du 3 novembre 2025 a définitivement abrogé cette réforme, rien n’empêche le législateur de proposer une mesure similaire dans une future loi de finances. La volonté d’harmoniser les seuils européens et de lutter contre la concurrence déloyale reste un sujet de débat. Je recommande aux micro-entrepreneurs de se préparer à une éventuelle évolution en mettant en place dès maintenant un suivi rigoureux de leur chiffre d’affaires et en simulant l’impact d’un passage à la TVA.
Catherine Leroy est avocate fiscaliste au barreau de Paris, spécialisée en droit fiscal des entreprises et droit des sociétés. Après 20 ans de pratique, elle conseille dirigeants et entrepreneurs sur l'optimisation fiscale, la création et la transmission d'entreprise.