Donation au dernier vivant : frais de succession décryptés

Dans cet article

  • La donation au dernier vivant permet au conjoint survivant de choisir entre l’usufruit total, un quart en pleine propriété ou une quotité mixte
  • Le conjoint survivant est exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007, avec ou sans donation au dernier vivant
  • Les frais de succession donation au dernier vivant pour les enfants dépendent du barème progressif de 5 % à 45 % après un abattement de 100 000 € par parent
  • Le coût notarié de la donation au dernier vivant se situe entre 130 € et 200 € hors taxes pour l’acte authentique
  • Sans donation au dernier vivant, le conjoint survivant ne peut recevoir que l’usufruit ou un quart en pleine propriété en présence d’enfants communs
  • L’impact sur les frais de succession sans donation au dernier vivant peut être significatif, notamment en cas de famille recomposée

En tant qu’avocate fiscaliste, je reçois régulièrement des couples qui souhaitent protéger leur conjoint en cas de décès, tout en maîtrisant l’impact fiscal sur leurs héritiers. La question des frais de succession avec donation au dernier vivant revient dans la majorité de mes consultations patrimoniales. C’est un sujet où les idées reçues sont nombreuses et où une mauvaise compréhension du mécanisme peut coûter cher, tant au conjoint survivant qu’aux enfants. Je vous propose un décryptage complet pour y voir clair.

Qu’est-ce que la donation au dernier vivant ?

La donation au dernier vivant, également appelée donation entre époux, est un acte notarié par lequel un époux accorde à son conjoint des droits supplémentaires sur sa succession. Contrairement à ce que son nom suggère, il ne s’agit pas d’un transfert immédiat de biens : elle ne produit ses effets qu’au décès du donateur.

Concrètement, cette donation permet au conjoint survivant de bénéficier d’options élargies lors du règlement de la succession, au-delà de ce que prévoit la loi. Selon les articles 1094 et 1094-1 du Code civil, le conjoint peut alors choisir entre trois options :

  • L’usufruit de la totalité des biens du défunt
  • Un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit
  • La quotité disponible en pleine propriété, qui varie selon le nombre d’enfants (la moitié avec un enfant, un tiers avec deux enfants, un quart avec trois enfants ou plus)

Je recommande systématiquement cet outil à mes clients mariés, car il offre une flexibilité précieuse au moment le plus difficile. Le conjoint survivant choisit l’option la plus adaptée à sa situation au moment du décès, et non des années avant. C’est un atout considérable par rapport à un testament, notamment dans le cadre d’une transmission familiale d’entreprise où les enjeux patrimoniaux sont complexes.

La signature de la donation au dernier vivant ne coûte que 130 à 200 euros chez le notaire
La signature de la donation au dernier vivant ne coûte que 130 à 200 euros chez le notaire

Comment fonctionnent les frais de succession avec donation au dernier vivant ?

C’est le point central de cet article : comprendre l’impact réel de la donation au dernier vivant sur les frais de succession. Voici ce que je constate souvent en cabinet : beaucoup de clients pensent que cette donation crée une imposition supplémentaire. C’est faux.

Premier principe fondamental : le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession. Cette exonération, instaurée par la loi TEPA du 21 août 2007, s’applique que la donation au dernier vivant existe ou non. Le conjoint ne paie donc aucun droit de succession, quelle que soit la valeur de ce qu’il reçoit.

En revanche, la donation au dernier vivant frais de succession impacte indirectement les enfants. Comment ? Parce qu’en modifiant la répartition entre usufruit et pleine propriété, cette donation modifie l’assiette taxable de chaque héritier. Lorsque le conjoint opte pour l’usufruit total, les enfants ne reçoivent que la nue-propriété, dont la valeur fiscale est réduite en fonction de l’âge de l’usufruitier.

Les frais de succession se composent de plusieurs éléments :

  • Les droits de mutation (impôt sur la part nette reçue par chaque héritier)
  • Les émoluments du notaire (proportionnels à l’actif brut successoral)
  • Les frais annexes (formalités, publications, certificats de propriété)

Pour bien comprendre la fiscalité qui s’applique à votre situation, je vous invite à consulter mon guide sur donation et succession qui détaille l’ensemble des mécanismes applicables.

Comment calculer la succession avec une donation au dernier vivant ?

Le calcul de la succession avec une donation au dernier vivant repose sur un mécanisme fiscal précis que j’explique régulièrement à mes clients. Voici les étapes que je suis systématiquement.

Étape 1 : déterminer l’actif net successoral. On additionne l’ensemble des biens du défunt (immobilier, comptes bancaires, valeurs mobilières, biens professionnels), puis on soustrait les dettes et le passif. Si le couple était marié sous un régime communautaire, seule la part du défunt dans la communauté entre dans la succession.

Étape 2 : appliquer le choix du conjoint survivant. C’est ici que la donation au dernier vivant intervient. Si le conjoint opte pour l’usufruit de la totalité, il faut évaluer cet usufruit selon le barème fiscal de l’article 669 du Code général des impôts. Ce barème fixe la valeur de l’usufruit en fonction de l’âge de l’usufruitier :

Âge de l’usufruitier Valeur de l’usufruit Valeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans 90 % 10 %
De 21 à 30 ans 80 % 20 %
De 31 à 40 ans 70 % 30 %
De 41 à 50 ans 60 % 40 %
De 51 à 60 ans 50 % 50 %
De 61 à 70 ans 40 % 60 %
De 71 à 80 ans 30 % 70 %
De 81 à 90 ans 20 % 80 %
Plus de 91 ans 10 % 90 %

Étape 3 : calculer la part taxable de chaque enfant. La valeur de la nue-propriété est répartie entre les enfants à parts égales. Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chaque parent. Cet abattement se reconstitue tous les 15 ans.

Étape 4 : appliquer le barème progressif des droits de succession en ligne directe, qui va de 5 % pour la tranche jusqu’à 8 072 € à 45 % au-delà de 1 805 677 €.

Je constate dans ma pratique que l’option usufruit total est souvent la plus avantageuse fiscalement pour les enfants lorsque le conjoint survivant est âgé, car la nue-propriété taxable est alors fortement réduite.

Frais de succession sans donation au dernier vivant : la comparaison

Pour mesurer l’intérêt réel de ce dispositif, il faut comparer les frais de succession sans donation au dernier vivant à la situation où elle existe. Sans cette donation, les droits du conjoint survivant dépendent uniquement de la loi.

En présence d’enfants communs uniquement, le conjoint survivant peut choisir entre l’usufruit de la totalité ou un quart en pleine propriété (article 757 du Code civil). Dans ce cas précis, la donation au dernier vivant apporte un bénéfice limité puisque l’usufruit total est déjà possible.

En revanche, la situation change radicalement dans deux cas :

  • En présence d’enfants d’un premier lit : sans donation au dernier vivant, le conjoint n’a droit qu’à un quart en pleine propriété. La donation lui ouvre les trois options mentionnées plus haut, ce qui représente un gain considérable en termes de protection.
  • En l’absence d’enfants mais avec des parents survivants : la donation au dernier vivant permet d’attribuer la totalité au conjoint, alors que la loi réserve un quart à chaque parent vivant.
Les enfants doivent comprendre les conséquences de la donation au dernier vivant sur leur héritage
Les enfants doivent comprendre les conséquences de la donation au dernier vivant sur leur héritage

En matière de frais de succession stricto sensu, la comparaison dépend essentiellement de l’option choisie par le conjoint. Si la donation au dernier vivant conduit le conjoint à prendre davantage en pleine propriété, la part taxable des enfants diminue au premier décès mais augmente au second décès (puisque les biens seront dans la succession du conjoint survivant). C’est un arbitrage que j’aide mes clients à effectuer en tenant compte de l’ensemble du patrimoine familial, y compris les aspects liés à la fiscalité de l’entreprise le cas échéant.

Quels sont les inconvénients de la donation au dernier vivant pour les enfants ?

Cette question revient dans presque toutes mes consultations. Les enfants, et parfois les parents eux-mêmes, s’inquiètent des conséquences patrimoniales de cette donation. Voici les principaux inconvénients que j’identifie :

Le blocage de la pleine propriété. Lorsque le conjoint survivant opte pour l’usufruit total, les enfants deviennent nus-propriétaires. Ils ne peuvent ni vendre les biens librement, ni en percevoir les revenus tant que l’usufruitier est en vie. Pour un bien immobilier, cela peut signifier des décennies d’attente, surtout si le conjoint survivant est jeune.

Le risque de dilapidation. L’usufruitier a le droit de percevoir les loyers, les dividendes et les intérêts des placements. Dans certaines situations, j’ai vu des conjoints survivants utiliser ces revenus sans considération pour la préservation du capital, au détriment des nus-propriétaires.

L’impact sur la trésorerie des enfants entrepreneurs. Lorsque le patrimoine comprend des parts sociales ou des actions d’une société holding, l’usufruit sur ces titres donne au conjoint survivant le droit de vote aux assemblées ordinaires et de percevoir les dividendes. Les enfants actifs dans l’entreprise peuvent se retrouver en difficulté pour financer le développement de l’activité.

L’impossibilité d’utiliser le pacte Dutreil dans les meilleures conditions. La donation au dernier vivant peut compliquer la mise en œuvre du pacte Dutreil, qui permet une exonération de 75 % des droits de mutation sur la transmission d’entreprise. Il faut donc articuler soigneusement ces deux dispositifs.

Le double passage fiscal. Les biens reçus en pleine propriété par le conjoint survivant seront à nouveau taxés à son propre décès, dans la succession des enfants. Ce phénomène de double imposition successive peut alourdir le coût global de la transmission sur deux générations.

Les droits de succession en cas de donation entre époux

Je tiens à dissiper une confusion fréquente : la donation au dernier vivant n’entraîne aucun droit de donation au moment de sa signature. Seul le droit fixe d’enregistrement est dû (environ 125 €). Les droits de succession ne sont calculés qu’au décès du donateur, et uniquement sur la part transmise aux héritiers autres que le conjoint.

Le barème des droits de succession en ligne directe applicable aux enfants est le suivant :

Tranche de part nette taxable Taux applicable
Jusqu’à 8 072 € 5 %
De 8 072 € à 12 109 € 10 %
De 12 109 € à 15 932 € 15 %
De 15 932 € à 552 324 € 20 %
De 552 324 € à 902 838 € 30 %
De 902 838 € à 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %

Rappelons que le conjoint survivant, qu’il bénéficie ou non d’une donation au dernier vivant, est totalement exonéré de droits de succession. Les partenaires de PACS bénéficient de la même exonération. En revanche, les concubins ne profitent d’aucun de ces avantages et sont taxés à 60 % après un abattement de seulement 1 594 €.

Dans le cadre d’une stratégie patrimoniale globale, la donation entre époux s’articule souvent avec d’autres outils comme l’assurance-vie, le démembrement de propriété ou le pacte Dutreil. C’est pourquoi je recommande toujours un accompagnement sur mesure, particulièrement lorsqu’un avocat fiscaliste pour particulier peut intervenir en complément du notaire.

Un avocat fiscaliste aide à optimiser les droits de succession liés à la donation entre époux
Un avocat fiscaliste aide à optimiser les droits de succession liés à la donation entre époux

Quelle est la taxe à payer pour une donation au dernier vivant ?

La donation au dernier vivant se distingue par sa fiscalité particulièrement légère au moment de sa mise en place. Voici ce que je détaille à mes clients :

Au moment de la signature : le coût se limite aux émoluments du notaire, soit environ 130 € à 200 € hors taxes pour l’acte authentique, auxquels s’ajoute un droit fixe d’enregistrement de 125 €. C’est l’un des actes notariés les moins onéreux.

Au moment du décès : comme je l’ai expliqué, le conjoint survivant ne paie aucune taxe. Les enfants paient les droits de succession classiques sur leur part nette, après abattement de 100 000 € par enfant et par parent. Le barème progressif de 5 % à 45 % s’applique ensuite.

En cas de révocation : la donation au dernier vivant est librement révocable par le donateur, sans frais ni formalité particulière (un simple acte notarié suffit). Cette révocabilité est un avantage majeur par rapport aux donations classiques. Elle est également automatiquement révoquée en cas de divorce.

Pour les patrimoines importants comprenant des actifs professionnels, je conseille souvent de combiner la donation au dernier vivant avec d’autres dispositifs fiscaux, comme ceux décrits dans mon article sur les exemples concrets du pacte Dutreil.

Exemple concret de succession avec donation au dernier vivant

Prenons un cas que je rencontre fréquemment en cabinet. Pierre et Marie sont mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts. Ils ont deux enfants, Sophie et Thomas. Pierre décède à 72 ans. Le patrimoine commun s’élève à 800 000 € (résidence principale de 500 000 €, comptes et placements de 300 000 €).

La part de Pierre dans la communauté est de 400 000 €. Marie a consenti une donation au dernier vivant. Voici la comparaison selon l’option choisie :

Option 1 : Marie choisit l’usufruit total. À 70 ans, l’usufruit vaut 30 % selon le barème fiscal. La nue-propriété taxable est donc de 400 000 × 70 % = 280 000 €, soit 140 000 € par enfant. Après abattement de 100 000 €, chaque enfant paie des droits sur 40 000 €, soit environ 4 194 € chacun. Total des droits : 8 388 €.

Option 2 : Marie choisit un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit. Marie reçoit 100 000 € en pleine propriété (exonéré). La nue-propriété des trois quarts restants (300 000 × 70 % = 210 000 €) est répartie entre les enfants, soit 105 000 € chacun. Après abattement, chaque enfant paie des droits sur 5 000 €, soit environ 250 € chacun. Total des droits : 500 €.

Option 3 : Marie choisit la quotité disponible en pleine propriété (un tiers avec deux enfants). Marie reçoit 133 333 € en pleine propriété (exonéré). Les enfants se partagent 266 667 €, soit 133 333 € chacun. Après abattement de 100 000 €, chaque enfant paie des droits sur 33 333 €, soit environ 3 194 € chacun. Total des droits : 6 388 €.

Cet exemple illustre parfaitement pourquoi le choix de l’option est déterminant pour optimiser les frais de succession donation au dernier vivant. Dans ma pratique, j’accompagne les familles pour simuler ces différents scénarios en amont, afin que le conjoint survivant puisse faire un choix éclairé le moment venu.

Stratégies d’optimisation pour réduire les frais de succession

Au-delà de la donation au dernier vivant elle-même, plusieurs leviers permettent de réduire la facture fiscale globale de la transmission. Voici ceux que je recommande le plus fréquemment.

Les donations de son vivant. En effectuant des donations graduelles aux enfants tous les 15 ans, chaque parent peut transmettre 100 000 € par enfant en franchise de droits. Sur une vie, cela représente des montants considérables.

L’assurance-vie. Les capitaux versés avant 70 ans bénéficient d’un abattement spécifique de 152 500 € par bénéficiaire, indépendant de l’abattement successoral. C’est un outil complémentaire puissant.

Le démembrement de propriété anticipé. Donner la nue-propriété d’un bien immobilier de son vivant permet de réduire l’assiette taxable, puisque la valeur de la donation est calculée sur la seule nue-propriété. Au décès, la pleine propriété se reconstitue automatiquement, sans aucun droit supplémentaire.

Le pacte Dutreil pour les entrepreneurs. Si le patrimoine comprend une entreprise, le pacte Dutreil permet une exonération de 75 % de la valeur des titres transmis. Combiné à la donation au dernier vivant et au démembrement, les économies fiscales sont considérables.

Chaque situation familiale et patrimoniale est unique. Les enjeux sont d’autant plus complexes lorsqu’il s’agit d’une entreprise en restructuration ou d’un patrimoine international. Dans ces cas, je recommande vivement de faire appel à un professionnel qui maîtrise l’articulation entre droit civil et droit fiscal, comme le détaille la page consacrée à la distinction entre fraude sociale et fraude fiscale.

À retenir

  • Faites rédiger la donation au dernier vivant dès le mariage : elle coûte moins de 200 € et protège immédiatement le conjoint
  • Simulez les trois options (usufruit total, quotité mixte, pleine propriété) pour anticiper l’impact fiscal sur les enfants
  • Combinez la donation au dernier vivant avec des donations graduelles tous les 15 ans pour utiliser pleinement les abattements
  • En présence d’une entreprise familiale, articulez la donation au dernier vivant avec le pacte Dutreil avant le décès
  • Consultez un avocat fiscaliste pour chiffrer précisément l’impact de chaque option selon votre situation patrimoniale et familiale

Questions fréquentes


Qui paie les frais de succession en cas de donation au dernier vivant ?

Le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession depuis 2007. Ce sont les autres héritiers, principalement les enfants, qui supportent les droits de succession sur leur part nette après application de l’abattement de 100 000 € par enfant et par parent. Les frais notariés liés au règlement de la succession sont en principe à la charge de l’ensemble des héritiers, proportionnellement à leur part.

Comment calculer la succession avec une donation au dernier vivant ?

Le calcul commence par la détermination de l’actif net successoral (biens du défunt moins dettes). Ensuite, on applique le choix du conjoint survivant parmi les trois options offertes par la donation. Si le conjoint opte pour l’usufruit, la nue-propriété est évaluée selon le barème fiscal de l’article 669 du CGI en fonction de l’âge de l’usufruitier. La part de chaque enfant est ensuite soumise au barème progressif après déduction de l’abattement de 100 000 €.

Quels sont les inconvénients de la donation au dernier vivant pour les enfants ?

Les principaux inconvénients sont le blocage de la pleine propriété des biens (impossibilité de vendre librement), la privation des revenus au profit du conjoint usufruitier, le risque de double imposition au second décès, et la complexification de la gestion d’une éventuelle entreprise familiale. Ces inconvénients sont toutefois à mettre en balance avec la protection du conjoint survivant.

La donation au dernier vivant est-elle révocable ?

Oui, la donation au dernier vivant est librement révocable à tout moment par le donateur, sans avoir à justifier d’un motif. Un simple acte notarié suffit. Elle est également automatiquement révoquée en cas de divorce. Cette révocabilité est une caractéristique essentielle qui la distingue des donations classiques, lesquelles sont en principe irrévocables.

Quelle différence entre donation au dernier vivant et testament ?

La donation au dernier vivant offre au conjoint survivant le choix entre trois options au moment du décès, alors que le testament fixe à l’avance la répartition. De plus, la donation ne peut être consentie qu’entre époux, pas entre concubins ou partenaires de PACS. Enfin, le testament peut être modifié unilatéralement et sans frais, tandis que la donation nécessite un acte notarié pour sa rédaction et sa révocation.

Quels sont les droits de succession en cas de donation entre époux ?

Le conjoint bénéficiaire de la donation entre époux ne paie aucun droit de succession. Les enfants paient les droits de succession classiques en ligne directe, selon un barème progressif allant de 5 % à 45 %, après un abattement de 100 000 € par enfant et par parent. L’assiette taxable dépend de l’option choisie par le conjoint survivant : l’usufruit total réduit généralement la base imposable des enfants au premier décès.

Quelle est la taxe à payer pour une donation au dernier vivant ?

Au moment de la signature, le coût est minime : environ 130 à 200 € d’émoluments notariaux et 125 € de droit fixe d’enregistrement. Au décès, le conjoint ne paie aucune taxe. Les enfants paient les droits de mutation à titre gratuit selon le barème en ligne directe, après application de l’abattement légal de 100 000 €.


Catherine Leroy
Catherine Leroy

Catherine Leroy est avocate fiscaliste au barreau de Paris, spécialisée en droit fiscal des entreprises et droit des sociétés. Après 20 ans de pratique, elle conseille dirigeants et entrepreneurs sur l'optimisation fiscale, la création et la transmission d'entreprise.