Amende : délai de réception, point de départ de la contestation et prescription

Un avis de contravention issu d’un radar automatique parvient en général entre 5 et 10 jours ouvrés après l’infraction, selon le site du service public. Ce délai peut toutefois s’allonger jusqu’à plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en fonction du type de contrôle et du traitement du dossier par le Centre national de traitement de Rennes (celui qui expédie la quasi-totalité des PV automatisés en France).

De 48 heures à plusieurs semaines selon le type de contrôle

Le délai varie parce que la chaîne de traitement n’est pas la même pour tous les dispositifs. Un radar fixe numérise le cliché instantanément : l’avis part souvent sous 48 à 72 heures, et le courrier arrive dans la semaine qui suit. Un radar mobile embarqué ou un contrôle par vidéo-verbalisation implique un traitement manuel plus long, qui repousse l’envoi à deux ou trois semaines. Pour un PV de stationnement dressé par un agent assermenté (ou un forfait post-stationnement émis par une collectivité), le délai atteint régulièrement un mois.

En cas de contrôle par les forces de l’ordre sans interpellation immédiate (un gendarme relève une plaque, par exemple), l’avis peut arriver plus tard encore : la contravention doit d’abord être qualifiée, puis transmise à l’officier du ministère public compétent.


Type de contrôle | Délai d’envoi habituel | Délai de réception estimé
Radar fixe | 48 à 72 h | 5 à 10 jours
Radar mobile | 1 à 2 semaines | 2 à 3 semaines
Vidéo-verbalisation | 1 à 2 semaines | 2 à 3 semaines
PV de stationnement (agent) | jusqu’à 3 semaines | 3 à 5 semaines
Contrôle sans interpellation (gendarmerie) | variable | jusqu’à plusieurs mois

Voir aussi Passeport talent salarié qualifié : conditions, durée et démarches

Un an : le délai au-delà duquel la contravention est prescrite

L’article 9 du Code de procédure pénale fixe la prescription de l’action publique pour les contraventions à un an à compter du jour de l’infraction. Passé ce délai, si aucun acte interruptif (envoi de l’avis, requête en exonération, émission d’un titre exécutoire) n’a été accompli, la poursuite est éteinte. Recevoir une amende quatre mois après un flash reste donc parfaitement normal : c’est inhabituel, mais toujours dans le délai légal. Seul un envoi au-delà de douze mois sans acte interruptif rend la contravention contestable pour prescription.

45 jours pour contester à compter de l’envoi de l’avis

Le délai de contestation (requête en exonération ou réclamation auprès de l’officier du ministère public) court à partir de la date d’envoi figurant sur l’avis, pas de sa réception. Ce délai est de 45 jours pour un avis de contravention classique et de 30 jours pour un avis d’amende forfaitaire majorée, selon les articles 529-2 et 530 du Code de procédure pénale. Un retard postal important peut donc comprimer le temps réellement disponible pour agir (une situation fréquente en période de vacances, quand le courrier s’accumule). En cas de dépassement, il est possible de faire valoir un cas de force majeure, mais la jurisprudence reste restrictive sur ce point.

Peut-on savoir si une amende est en cours avant de la recevoir ?

Aucun service ne permet de consulter une contravention avant l’envoi de l’avis. Le site amendes.gouv.fr donne accès au dossier uniquement grâce au numéro de télépaiement imprimé sur l’avis reçu. En l’absence de courrier, la seule indication indirecte reste la réception d’un flash visible au moment du contrôle, ce qui ne concerne que certains radars. Si aucun avis n’arrive dans les trois mois, la probabilité d’une verbalisation diminue fortement, sans pour autant disparaître avant le terme de la prescription annale. Pour un véhicule de société, le représentant légal doit en outre désigner le conducteur dans un délai de 45 jours suivant l’envoi de l’avis, sous peine d’une amende complémentaire (articles L121-6 du Code de la route). Sur ce terrain des délais et de la procédure pénale, les règles de computation sont comparables à celles qui régissent d’autres actes juridiques, comme le délai de contestation du solde de tout compte en droit du travail ou le délai de saisine du conseil de prud’hommes après un licenciement.

La rédaction
La rédaction

Rédaction de ccl-avocat.fr, site d'information juridique indépendant. Les contenus publiés sont documentaires et ne constituent pas une consultation juridique.

Sources

  1. service-public.fr
  2. legifrance.gouv.fr
  3. amendes.gouv.fr

À lire aussi

Master en droit des affaires : ce que le classement dit et ne dit pas
Procédure et accès au droit

Master en droit des affaires : ce que le classement dit et ne dit pas

Chaque année, plus de 15 000 étudiants candidatent à un master en droit des affaires en France, alors que les…

Fiscalité rachat assurance vie : guide complet pour optimiser vos retraits
Droit fiscal

Fiscalité rachat assurance vie : guide complet pour optimiser vos retraits

Vous vous apprêtez à retirer une partie de votre assurance vie, mais impossible de savoir précisément combien…

Accident du travail : déclaration, indemnisation et protection du poste
Droit du travail

Accident du travail : déclaration, indemnisation et protection du poste

Un salarié victime d'un accident du travail dispose de 24 heures pour en informer son employeur, ou le faire…

Solde de tout compte : le délai pour le contester après signature
Droit du travail

Solde de tout compte : le délai pour le contester après signature

Six mois. C'est le délai dont dispose un salarié pour dénoncer un reçu pour solde de tout compte qu'il a…

Abandon de poste : la présomption de démission et ses conséquences
Droit du travail

Abandon de poste : la présomption de démission et ses conséquences

Depuis le 19 avril 2023, un salarié en CDI qui quitte son poste sans justification et ne reprend pas le…

Clause de non-concurrence : les conditions de validité et la contrepartie
Droit du travail

Clause de non-concurrence : les conditions de validité et la contrepartie

Une clause de non-concurrence n'est valable que si elle réunit quatre conditions cumulatives posées par la…

À découvrir sur le site